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Le plan de paix iranien... Le possible et l'improbable

Quinze jours de répit pour le monde. Après d’intenses tractations, les États-Unis et l’Iran ont conclu, hier mardi, un accord de cessez-le-feu de deux semaines,, également accepté par Israël, à un peu plus d’une heure de l’expiration de l’ultimatum lancé par Donald Trump, qui menaçait de frapper plus durement encore la République islamique.

Ce dernier a affirmé avoir reçu une proposition iranienne en dix points. Selon les médias d’État, Téhéran conditionne toute fin des hostilités à la validation complète de ce plan par Washington.

Une feuille de route en 10 points

Élaboré par le Conseil suprême de la sécurité nationale, le plan iranien prévoit notamment le maintien du contrôle de Téhéran sur le détroit d’Ormuz, l’acceptation de l’enrichissement d’uranium et la levée de l’ensemble des sanctions, primaires et secondaires.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a assuré que son pays garantirait la sécurité du trafic maritime dans ce passage stratégique, par lequel transitaient environ 20% du pétrole mondial avant la guerre.

Une zone d’ombre subsiste toutefois : la mention de l’enrichissement d’uranium apparaît dans la version persane du plan, mais pas dans sa version anglaise transmise à l’ONU.

Parmi les autres exigences figurent le retrait des forces américaines du Moyen-Orient, la fin des attaques contre l’Iran et ses alliés, le dégel des avoirs iraniens et l’adoption d’une résolution contraignante du Conseil de sécurité.

Un plan jugé « viable » mais contesté

Malgré le ton triomphal de Donald Trump, qui évoque une victoire « totale », Washington semble peu enclin à accepter l’ensemble des conditions  iraniennes. Le plan est jugé « viable », mais plusieurs points restent des lignes rouges pour les États-Unis.

Dans de précédentes négociations, Washington exigeait l’arrêt de l’enrichissement d’uranium, des limitations sur le programme balistique iranien et la fin du soutien aux groupes armés régionaux — des conditions imposées par Téhéran.

Donald Trump avait même récemment évoqué une « reddition inconditionnelle » comme seule issue acceptable. Il justifie, par ailleurs, le conflit en accusant l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire; une allégation démentie par Téhéran et non confirmée par l’agence nucléaire de l’ONU.

Flou autour du Liban

La situation reste confuse sur le front libanais. Si le plan évoque un arrêt des combats sur tous les fronts, Israël affirme que la trêve ne concerne pas le Liban. Une position contredite par le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, médiateur dans le conflit, qui assure qu’elle s’applique « partout ».

De son côté, Emmanuel Macron a appelé à inclure pleinement le Liban dans le cessez-le-feu.

Vers des négociations décisives

Des pourparlers doivent débuter vendredi à Islamabad afin de tenter d’aboutir à un accord définitif. L’Iran indique vouloir mettre à profit ces deux semaines pour négocier.

En attendant, la réouverture du détroit d’Ormuz offre un répit aux marchés énergétiques mondiaux, faisant reculer les prix du pétrole après plusieurs jours de fortes tensions sur l’approvisionnement.

Avec AFP
 

Avec AFP